Chronique au creux de l’oreiller

treveDimanche 24 Décembre – Décidément j’ai du mal à émerger ce matin. Certes ce n’est pas grave, c’est dimanche, dirait une de mes amies pleine de bon sens. Tiens, on dirait la sonnerie de mon téléphone ! Et ce n’est pas celle de la fonction « réveil ». Je croyais pourtant avoir éteint mon mobile hier soir. Il y  a quelqu’un qui cherche à me joindre. Oh non ! C’est la rédac ’chef.

– Allo L… pourquoi m’appelles tu un dimanche de si bonne heure ?

– Il est tout de même 11 heures 30 mon grand (j’ai horreur qu’elle m’appelle ainsi et elle le sait).

– Oui mais on est dimanche, le Jour du Seigneur comme disait un de mes aïeux qui allait à reculons à l’église. Qu’arrive-t-il ? Macron est décédé ? Ne me fais pas une fausse joie, tu sais bien que j’ai le cœur sensible.

– L’humour revient, c’est signe que tu es bien réveillé. Non je t’appelle car l’éditeur de notre merveilleux quotidien en ligne craint qu’on soit en manque d’articles aujourd’hui et les jours à suivre.- – Tu ne pouvais pas lui dire que c’est la trêve des confiseurs, non ! Si ça se trouve, à cette heure-ci, il doit prendre un bain de soleil sur une plage sicilienne ou au bord d’une piscine.

– Ne plaisante pas, il est vraiment inquiet. Comme il t’apprécie, tu le sais bien, il a pensé, entre autres, à toi pour nous filer un coup de main.

– Pour combler un vide tu devrais dire, l’éditeur m’apprécie comme bouche-trou, je suis très honoré, et il déprécie mon salaire.

– Qu’est-ce que tu peux être mesquin. L’éditeur et moi-même, nous savons pertinemment que nous pouvons compter sur toi. Pour t’aider, j’ai pensé…

– Aie, tu penses maintenant.

– Garde tes amabilités pour un autre jour s’il te plaît. J’ai pensé que tu pourrais faire une chronique, certes un peu en avance, sur les tops et les flops des concerts auxquels tu as assisté cette année.

– Tu plaisantes, tu veux que je consulte mes notes sur les 95 concerts ou plus auxquels j’ai assisté mais dites-donc, vous rigolez des genoux les ritals ! (Message personnel : cette expression que j’ai en réalité en horreur, je l’ai entendue à maintes reprises de la bouche d’une femme qui a fini par avoir le bon goût de se faire oublier et qui n’était jamais aussi charmante que lorsqu’elle se taisait, peut-être un exemple à suivre pour mon interlocutrice du jour).

– Arrête de râler, je sais que tu peux le faire.

– Ecoute, là où je suis, je n’ai pas d’ordi à ma disposition. Cela commence plutôt mal. Et puis, tu veux que je parle de quoi : des tops au Studio de l’Ermitage comme Lousadzak, ou bien des Primitifs du Futur ou encore mieux du ciné-concert de l’Attirail avec Harold Lloyd ? Toi tu n’aurais jamais pu être  une star du muet !

– Merci pour les vacheries.

– Je continue, prend des notes, au Studio le seul flop que j’ai à l’esprit c’est FOX. Je me suis fait ch… tu vois ce que je veux dire. Je pourrais évoquer dans la catégorie «Tops » au Triton : Rafael Faÿs et Géraldine Laurent toujours à la recherche de Charlie Parker ; à Sons d’Hiver, Ernest Dawkins. J’en passe… Pour ce qui est de l’Atelier du Plateau, que du bon avec en apothéose les trois dernières soirées de l’année avec Vincent Courtois : grandiose. Que des Tops à la Dynamo sauf SNAP qui m’a bousillé les tympans. Un gros flop : le New Morning avec sa « clim » pourrie, sa sono vasouillarde et la sécurité plutôt relâchée, bel euphémisme. Ça va sacrément intéresser mon lectorat confidentiel ! Ah ! j’allais oublier une nouvelle catégorie aux Victoires du Jazz 2017 : la « plume de l’année » décernée d’ailleurs à Alex Dutilh de France Musique. C’est Alphonse Boudard qui doit bien se marrer dans sa tombe. En effet, « Plume »  dans son dictionnaire de l’argot intitulé « La méthode à Mimile » a une connotation coquine. En fait, ce mot est employé pour désigner une fellation. Zut ! On va avoir des ennuis avec la cote catholique !

J’espère que tu as bien pris des notes comme je te l’ai conseillé. Si tu n’as pas compris, je te délègue le soin de mettre en forme cette chronique des tops et des flops. Evite les fautes d’orthographe ou de frappe ainsi que les mauvaises tournures de phrase. Tu peux signer pour moi. Je te remercie pour ton aide en cette période délicate.

– Sympa le cadeau, tu plaisantes je suppose. Tu me diras, c’est Noël.

– Quoi ? Noël, déjà !

Et je raccroche, Joyeuses Pâques ma rédac ’chef adorée.

Olivier BENIZEAU

 

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