L’embarras du choix

Harold Lloyd

Harold Lloyd

Me voici parvenu au terme d’une semaine bien remplie, « marathonienne » disais-je par le passé. De la sorte je me suis trouvé confronté au choix à faire pour cette nouvelle chronique : rendre compte de tous les concerts auxquels j’ai assisté ou bien prendre le parti d’en choisir un d’une façon tout à fait subjective, bien entendu.

Effectivement, j’aurais pu vous parler des soirées à la Dynamo des banlieues bleues, les lundi 27 Novembre et vendredi 1er Décembre : le « Bridge » (c’est un raccourci) du lundi entre musiciens américains et français, avec, entre autres, les batteurs Frank Rosaly et Mike Reed, et le trompettiste Fabrice Martinez, « accidentellement davisien » par moments (ah ! ces satanées pédales de son). Tiens justement en parlant de bridge cela me fait penser que j’ai encore oublié de prendre rendez-vous avec mon dentiste. Non Madame le rédac-chef ce n’était pas un programme à la carte. Elle se croit drôle maintenant ! J’aurais pu profiter de l’occasion pour évoquer des jugements péremptoires entendus, lors de la première soirée, de la bouche d’un ayatollah sur le déclin de « Jazz Mag. » Sans intérêt. Et « Aka Moon » le vendredi,  il y avait de quoi dire sur ce formidable groupe fêtant ses 25 ans. En même temps cela m’aura évité d’émettre de lourdes réserves sur le groupe passé en première partie qui m’a paru ne pas être sorti de la période de rodage.

Dur aussi de passer sous silence le concert du mardi 28 Novembre à l’Atelier du Plateau avec Leila Martial, qualifiée à juste titre d’ « acrobate vocale » et Marie-Pascale Dubé, spécialiste du chant de gorge de tradition inuite. Inouï, il fallait bien que je la place. Quel émerveillement et quelle émotion avec ces reines thuléennes d’un soir ! Comme il n’y a pas eu d’entracte, il n’y a pas eu d’esquimaux. Oui je sais, facile, évitable diront ceux que mes calembours désespèrent (c’est un euphémisme). Pour ceux qui auraient l’audace d’en redemander, non ces dames n’ont pas interprété « J’attendrai le jour et l’inuit ….. » ni « Inuit de chine … ». La rédac ’chef a l’air consterné. Sans doute parce qu’elle ne pensait pas qu’au prix d’efforts incommensurables, je parviendrais à faire pire qu’elle !

Il ne me restait plus qu’à trancher entre deux soirées « sorties d’album » passées au Studio de l’Ermitage (Qui a dit encore ?) les mercredi 29 et jeudi 30 Novembre, entre Diego IMBERT et son « Tribute to Charlie Haden » et « L’Attirail » et son ciné-concert à l’occasion de la parution de son dernier album « La part du hasard» abordant les thèmes du voyage et du jeu.

Je n’ai rien contre Diego Imbert et son somptueux hommage au contrebassiste Charlie Haden, décédé en 2014, mais la nostalgie, sans doute, m’a amené à être plus expansif, disert diront certains, au sujet du groupe « L’Attirail » que j’ai découvert il y a plus de vingt ans avec son premier opus « Musiques des préfectures autonomes ».  Vingt ans déjà ! Nostalgie ai-je dit ? Sûrement car le film choisi était « The Freshman » (Vive le sport selon la traduction en français) appartenant à la catégorie « burlesque muet en noir et blanc » et ayant pour acteur principal Harold Lloyd. L’évocation de ce nom m’a ramené quelques années en arrière (hum !), du temps d’une émission télévisée qui s’appelait « Histoires sans paroles » créée et réalisée par Solange Peter, avec un indicatif musical inoubliable signé Jean Wiener, et qui présentait une sélection de films de la grande période burlesque du cinéma américain. Oui je sais, c’était du temps où la télévision, qualifiée d’étrange lucarne par un journal satirique, n’était pas soumise à des obligations de rentabilité à tout crin, ni devenue un instrument d’abrutissement des masses, déversant un torrent de médiocrité et de vulgarité. Dans les années 80, un hebdomadaire avait d’ailleurs tiré le signal d’alarme en titrant un de ses numéros « Une télévision de merde… ». Arrêtons là, il n’est pas question de plomber l’atmosphère.

Durant la projection, l’Attirail a illustré le film avec des compositions extraites de son dernier album. Un régal tant pour les yeux que pour les oreilles. Une fois le film terminé et la lumière revenue, nous avons eu droit à un « supplément » avec des compositions du répertoire de ce groupe qui continue inlassablement à nous faire voyager et rêver.

Pour en revenir aux soirées « traitées à la hussarde », vous pourrez retrouver Mike Reed, Fabrice Martinez et l’ONJ, et d’autres musiciens du « Bridge » à l’occasion du festival « Sons d’Hiver » qui aura lieu du 26 Janvier au 17 Février 2018. Vous pourrez écouter Leila Martial en 2018 à l’Atelier du Plateau où elle est en résidence. Dès que l’occasion se présentera, ne manquez pas d’aller écouter Diego Imbert et son « Tribute to Charlie Haden », avec les superbes arrangements de Pierre BERTRAND.

Mais qu’est-ce que c’est bien l’Attirail !

A bientôt.

Olivier BENIZEAU

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