Retour vers les « seventies »

C 3Telle était l’invitation qui nous a été faite vendredi 21 Juillet au Studio de l’Ermitage, avant-dernier concert de la saison, par le groupe « Cotonete », 12 ans d’âge (c’est du bon !). Cette formation qui compte dans ses rangs certains membres du « Camarao Orkestra », orchestre habitué des lieux, joue un répertoire influencé par le funk, le jazz funk, avec quelques détours du côté de l’Afrique et du Brésil. Il y a donc 8 musiciens et une chanteuse qui m’a semblé, un bref instant, avoir revêtu, pour la circonstance, les habits un peu trop grands pour elle de Flora PURIM, diva brésilienne des « seventies ». Sans doute une illusion auditive !

Bien que « Cotonete » joue ses propres compositions, il est bien difficile pour un barbon de mon espèce de résister à la tentation de rechercher des références du passé. Je dois dire que ce que j’ai entendu, m’a bougrement rappelé le style « CTI », label en vogue dans les années 70, dont les hits ont été largement samplés depuis et qui proposait une forme de jazz accessible à un large public et contenant des influences soul, funk et pop. A l’époque on appelait cela du « smooth jazz ». Quelques grands noms avaient été signés sur ce label, tels que George Benson, Ron Carter, Paul Desmond, Milt Jackson, Hubert Laws, Freddie Hubbard mais les têtes de proue avaient, entre autres, pour nom : Deodato, Hank Crawford, Idriss Muhammad, Bob James, AIrto Moreira et Flora Purim, sans oublier Grover Washington Jr.

N’allez pourtant pas croire que « Cotonete » nous a servi un copier-coller de ce style. Les arrangements et la cohésion de l’ensemble, ainsi que son groove, produisent une musique personnelle bien que vintage, et sacrément entraînante, tout à fait adaptée à un « concert debout ». Aie ! Mes pauvres jambes. Quant à la chanteuse, sa voix et sa présence scénique apportent indéniablement un plus. A l’écoute, on comprend pourquoi « Cotonete » est apprécié en France et au-delà de nos frontières.

Comme je suis un indéfectible rabat-joie, j’estime pour ma part qu’on aurait pu se dispenser, à moins qu’il n’y ait là un trait de dérision, de la version « funk » de « Comment te dire adieu », célèbre chanson de François Hardy des années 60, et aussi de la fin de concert laborieuse. Ça s’effiloche comme dirait un célèbre inspecteur du travail.

Ces réserves ne m’empêchent pas cependant de conseiller d’aller écouter « Cotonete » dont c’était la sortie d’un maxi 45 T, le numéro 3 paru avant le 2 parait-il ! Peut-être un album « longue durée » au printemps prochain, pas seulement en vinyle j’espère car je ne m’y  suis toujours pas remis. Venons-en aux présentations : Amanda Roldan, chant ; Franck Chatona, saxophones ténor et soprano ; Paul Bouclier (bien connu des lecteurs),  trompette ; Christophe Touzalin, trompette ; Nicolas Benedetti, trombone ; Florian Pellissier, claviers ; Farid Baha, guitare ; Jean-Claude Kebaili, basse ; David Georgelet qu’on ne présente plus, batterie. A la fin du concert, un saxophoniste alto, très tonique, est venu se joindre au groupe mais hélas,  j’ai oublié son nom. Qu’il me pardonne !

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bel été.

J’allais oublier, lorsque j’ai fait part à la rédac ’chef de mon intention d’écrire une chronique sur Cotonete, elle a cru, dans un premier temps, que je lui proposais de faire un publi-reportage sur une marque de coton-tige ! Le soleil doit taper fort en Italie !

Olivier Benizeau

 

 

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